Helloooooooo ! 

Bon j'ai disparu un bon moment c'est vrai ... le travail, des chaboulements dans ma vie perso, un projet de blog complètement différent de celui-ci dont je vous parlerais bientôt ... 

Je vais essayer de reprendre doucement, peut-être avec plus de recettes home-made pour les cheveux et le corps. 

Parce que oui, je me suis mise à tambouiller. Quand on a comme moi le cerveau en ébullition permanente sous les boucles, ça détend, ça permet de se canaliser et de raaaaaalentiiiiir un peu tout ça. Et comme je ne sais pas commencer par les trucs simples, j'ai bien évidemment décidé de commencer par ... la saponification à froid. 

Sachant que je m'étais fait jeter du labo de chimie au lycée pour cause de catastrophe pendant le TP de saponification, c'était pas gagné. Mais la chimie finalement, c'est génial. 

Allez, faire son savon maison, on en parle ? 

Déjà, il faut utiliser le bon matériel et avoir un peu de méthode. 

Le matériel indispensable: 

La sécurité avant tout. On manipule ici des produits très corrosifs, donc il faudra au minimum porter des gants et des lunettes de protection. Un tablier, des vêtements à manche qui ne craignent pas, et éventuellement un foulard pour les cheveux. 

Ayez également une bouteille de vinaigre à portée de main, l'acidité du vinaigre permet de neutraliser le côté très basique de la soude. En cas de projection vous pourrez rincer abondemment au vinaigre. 

Pour faire du savon il faut :

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Des huiles :

c'est la réaction des acides gras des huiles avec la soude qui donne le savon et la glycérine. Choisissez au début des huiles simples peu sensibles à l'oxydation, comme l'huile d'olive ou de coco. On parlera plus tard des propriétés des différentes huiles en saponification si cela vous interesse (commente si tu veux plus d'articles sur le sujet beybeyyy ! )

De la soude :

 J'ai fait mes premiers essais en suivant les fiches techniques aroma-zone. J'ai choisi d'utiliser de la soude en paillettes (hydroyde de sodium NaOH) à diluer soi-même dans l'eau, mais il est possible d'acheter de la lessive de soude déjà dilluée à 30%. 

Rien que cela suffit à faire du savon, terrible non ? 

Evidemment, on préfère que notre savon sente bon et qu'il soit joli, alors on peut ajouter au choix : des micas pour colorer, des fragrances ou des huiles essentielles. Tout cela se trouve par exemple chez La Folie des Senteurs, pour des produits cruelty free et vegan. 

Matériel recommandé :

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  • Un fouet ou un mixeur plongeur (qu'on utilisera que pour ça). On trouve des mixeurs plongeurs pour une quinzaine d'euros, et c'est plutôt pratique quand on compte se lancer durablement dans le home made. 
  • Une balance : quasi obligatoire de toutes façons dès qu'on veut faire du home-made. Mais alors pour le savon, c'est complètement obligatoire. 
  • Une ou plusieurs spatules en silicone (mieux faut en avoir plusieurs quand on commence à jouer avec plusieurs couleurs)
  • Des contenants résistants à la chaleur, en plastique ou en inox (attention, surtout pas d'aluminium). 
  • Des moules (pas comme pour faire des moules frites hein, des moules pour mouler vos savons). J'ai choisi un moule rectangulaire en silicone qui s'insère dans un moule en bois, le moule en bois servant à maintenir les bords bien droits au moment du coulage. Vous pouvez aussi utiliser des moules de type moules à cupcake ou à muffin en silicones avant d'investir.
  • Un thermomètre : idéalement, il faut verser votre solution de soude dans l'huile quand les 2 mélanges sont à environ 40°C, et avec pas plus de 5° d'écart. Si vous n'avez pas de thermomètre, il faut prendre votre mal en patience et attendre que les 2 soient à température ambiante. 

La méthode de base :

Il est à mon sens obligatoire d'utiliser un calculateur pour évaluer la quantité de soude et de liquide à ajouter dans les huiles. J'ai utilisé d'abord le calculateur MMS TheSage, qui donne en fonction des huiles utilisées la quantité de soude à ajouter à différent niveau de surgraissage (personnellement, je fais un surgraissage à 8/9 % pour un savon très doux). 

Mais grâce aux conseils de savonnières expérimentées, j'ai découvert celui de SoapCalc qui vous dit en prime si votre recette produire un savon suffisamment dur, détergent, hydratant, moussant, crémeux, si votre savon s'oxydera vite et si vos huiles sont bien compatibles entre elles. 

Vous trouverez un peu partout d'excellents blogs de créatrices de savons avec des super tutos qui vous expliqueront tout bien en image. Mais c'est pas compliqué, il suffit de délayer le poids de soude dans le poids d'eau indiqué par le calculateur (toujours la soude dans l'eau c'est TRES important). Ensuite vous versez la soude doucement sur votre mélange d'huile (toujours dans cette ordre et JAMAIS l'inverse), et vous mélangez doucement au fouet ou au mixeur plongeur. Quand vous obtenez une texture entre de crème anglaise, c'est à dire que le fouet ou le mixeur laisse une légère trace dans la pâte, votre savon est prêt à être coloré, parfumé puis coulé dans les moules. Pendant toute l'opération, vous portez votre équipement de protection bien sûr. 

Bon voilà, assez blablaté, je vous montre mes premiers essais : 

Pour mon premier savon, j'ai choisi une base essentiellement constituée d'huile d'olive et d'huile de coco, avec un peu de beurre de karité. Et j'ai voulu commencer direct avec un marbrage qui évoquait les HE que j'avais choisies, lavande et romarin. 

J'ai suivi le mode opératoire de Aroma-Zone (et surtout les consignes de sécurité, j'insiste, un accident peut arriver très vite avec des produits chimiques comme la soude) et j'ai suivi un tuto vidéo pour le marbrage. 

J'étais ravie de l'aspect de mon savon une fois coulé et marbré : 

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Mais voilà, rappelez vous bien 2 choses :

- Les couleurs s'affadissent toujours un peu, voir beaucoup, ou même virent carrément au cours de la réaction de saponification. 

- Votre savon doit sécher et gélifier pendant au moins 24 heures avant de le démouler. Ne soyez pas comme moi trop pressée de voir le résultat, sinon vous démoulerez votre savon trop mou, et il va se déformer à la découpe, pour finir en truc un peu "beurk" comme ça. 

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C'est pas grave, il sera toujours utilisable. 

A ce stade votre savon est toujours très corrosif, il faut porter des gants pour le manipuler. Au bout de 48 heures, vous pouvez tester le pH pour voir s'il est manipulable en toute sécurité. 

Il devra ensuite sécher pendant 4 semaines au minimum, c'est ce qu'on appelle la cure. 

Je me suis remise en selle le week-end suivant, et là, avec un peu de persévérance et de patience, j'ai obtenu de très jolis savons (encore rien à voir avec les chefs d'oeuvre des savonnières pro, mais ils sont plutôt jolis non ?). 

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Voilà, ils vont maintenant curer tranquillement, j'en garderai un peu pour moi, et les autres me feront des petits cadeaux sympas pour mon entourage. 

Et vous, vous avez déjà tenté l'expérience du SAF ? Racontez moi. 

Et à bientôt pour un nouvel article.